
Visité en 2010, le complexe a depuis été partiellement rénové après l’abandon dénitif des activités indutrielles du site en 2001. Au détour d’une pilasse, j’y retrouve alors l’improbable : dans les usines vides, les tableaux électriques sont les derniers éléments généralement arrachés à l’histoire du bâtiment. 10 ans après la disparition de mon père, je retrouve sur place des armoires électriques équipées et étiquetées de la main de papa, c’est son écriture, je suis formel. Une bribe d’histoire, un moment furtif sans grande importance mais qui évoque à sa manière toute ma démarche.

Décoration du Travail de Première Classe 30 avril 1980
… et la souffrance des corps n’est pas une vision de l’esprit : 20 ans de labeur, lever à 04.30 tous les jours, direction l’arrêt de bus, 50 minutes plus tard, un saut dans le train jusqu’à Bruxelles et enfin, la mobilette entre la gare et l’usine. 13 heures par jour sur les routes pour 8 heures de boulot. Une demi vie perdue. Les enfants voulaient rester au village. Evidemment, courants d’air, intempéries et fatigue auront raison de sa santé.
Pour votre confort, basculez la visionneuse
en mode FS pour Full Screen et SL pour Slide Show.
Bonne vision.
BAT Bis
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Les grandes étapes de l’usine :
- 1890 : 25 avril 1890, naissance d’Odon Joseph Augustin Warland à Gouvy
- 1919 : Au lendemain de la 1ère guerre mondiale, un industriel ardennais, Odon Warland, imagine de symboliser la paix retrouvée en lançant sur le marché wallon une cigarette, la « Boule Nationale », dont le paquet est rehaussé des couleurs belges. Les cigarettes Boule Nationale, au début produites entièrement à la main, conquièrent une part importante du marché ce qui pousse Odon à venir s’installer à Bruxelles.Certaines sources mentionnent 1920 comme date de lancement de la Boule Nationale.
- 1920 : Odon Warland achète les terrains, maisons et usine d’un fabricant de cigarettes Jettois, Auguste Borri-Polspoel, installé rue Henri Werrie. il résidera au sein même de l’usine. Les tabacs nécessaires à sa production proviennent en partie de Jacobs et Teurlings, un fabricant molenbeekois.
- 15 mars 1929, création des « Etablissements O. WARLAND S.A. ». La société est créée pour une période de trente ans renouvelable. Odon Warland possède 60 000 parts en nom propre. 59400 parts sont souscrites par Warland pour un groupe dont il se porte fort et qui s’avérera être British American Tobacco; le restant des parts est souscrit par 6 associés. La société « A.J.Jacobs Aîné et V. Teurlings », possédant une usine de tabacs rue Vandermaeien à Molenbeek, est mise en liquidation. Le matériel de cette usine, de même que celui de l’usine de la rue De Koninck, est racheté par Warland. Il achète de plus à Vital Teurlings des terrains de la rue De Koninck et les bâtiments à front de rue.
- 24 mai 1929, B.A.T. C0 Ltd rachète à Warland 60 020 actions et devient actionnaire principal de la société. Warland obtient le droit de fabriquer les marques de cigarettes blondes, vendues jusque là par B.A.T. Co. Belgium qui était établie à Anvers. Pour faire face à la demande, décision de construire une nouvelle usine.

- 1930 Début de la construction d’une nouvelle usine, en forme de H, à la rue De Koninck a Molenbeek. L’architecte Bijtebier met en œuvre une construction en béton armé avec des cotonnes en champignon.
- 1931 Inauguration de la nouvelle usine. Elle emploiera progressivement plus de 1000 personnes.
- 1932 BAT porte le nombre de ses parts à 96 030 et détient dès lors plus de 80% des » Établissements O. WARLAND S.A. »
- 1934 L’usine de Jette est transformée en dépôt de tabacs.
- 1940 Au début des hostilités, Odon Warland, fuit pour une courte période en France. À son retour, un commissaire allemand est désigné pour surveiller la gestion de la société.
- 1941 Début de ta construction, le long de la rue Van Kalck, d’un entrepôt surmonté de 5 niveaux de logements sociaux.
- 1942 Alors qu’on n’en est qu’au stade du rez-de -chaussée, l’occupant allemand décide d’interrompre les travaux de construction pour cause de réquisition des fers et autres matériaux. Ce n’est qu’a grande peine que Warland obtiendra l’autorisation de finir ta toiture.
- 1947 Vente de l’usine de Jette à l‘Administration communale de Jette. Celle-ci y installera sa maison communale
- 1954 Mort d’Odon Warland. Raoul Warland, un de ses trois fils, lui succède.
- 1958 Prorogation de la société pour trente ans.
- 1961 Mort de Roger Warland, second fils de Odon
- 1962 Mort de Raoul Warland
- 1963 B.A.T augmente encore ses parts en rachetant à la famille Warland 4001 actions
- 1964 B.A.T rachète le solde des actions qui étaient encore en sa possession et devient actionnaire unique. La gestion de l’entreprise et la présidence du C.A ne sont dès lors plus assurées par des Warland
- 1972 Le nom de la société est modifié en « B.A.T Benelux – Ets O. Warland SA
- 1986 Le nom Warland disparaît du nom de la société : l’Assemblée Générale du 5 juin 1986 modifie sa dénomination en « B.A.T Benelux SA »
- 1990 Construction d’un bâtiment entre les branches du H, rue Malis, pour faire face à une augmentation de production
- 1999 Fermeture du département primaire (préparation et coupe des feuilles de tabacs). Dorénavant, le tabac sera acheté pré coupé.
- 2001 Fermeture de l’usine et fin des activités de fabrication de cigarettes et de tabac coupé. Maintien des activités administratives.
- 2002 Achat de l’entièreté du site par la Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (la société BAT continue à occuper le bâtiment administratif en tant que locataire de la SDRB).
- 2009 Une petite partie du site à front de la rue Malis (faisant partie de l’ancienne usine AJJA) est vendue à la Commune de Molenbeek-Saint-Jean qui a le projet d’y installer une antenne administrative.
- 2010 La partie « Logement » du site et des bâtiments A et B (située du côté de la rue Malis) est vendue à la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB)
- 07 juin 2011 Inauguration de Lavoisier, partie avant rénovée du site en zone d’activités : l’ancienne usine et sa cheminée ont été rasées, seul le H perdure. Il est étonnant de relire l’Inventaire Visuel de l’Architecture Industrielle à Bruxelles » édité par les Archives d’Architecture Moderne en 1980 et d’y lire « seule la partie de 1925, qui présente un intérêt archéologique dans le cadre de cet inventaire, est ici illustrée par des plans et des photographies« . Il n’en reste à ce jour que la façade d’origine rue Charles Malis. Les entrepôts et ateliers ont été abattus.
Remerciements : SRDB – Willy Coppens – Mario Venetsianos

Bonjour Monsieur,
Je suis intéressé par ce que vous dites d’Odon Warland. Avez-vous eu accès à certaines archives le concernant ? La photographie en marge de votre article le représente-t-elle ? Une copie de l’article pourrait m’être utile.
Plus globalement, j’ai parcouru votre site et je ne comprends pas très bien qui vous êtes et ce qui guide le choix de vos articles. Je vois notamment un article sur Saint-Hubert où je suis justement archiviste.
Merci de me contacter.
Philippe ANNAERT
Merci Philippe pour votre message.
Odon Warland en tant qu’industriel n’est pas quelqu’un qui a ma connaissance a laissé beaucoup de documents et archives derrière lui. Ses sociétés sont mentionnées ici et là (Archives d’Architecture Modernes, Fonderie, …) mais les infos sont rares. J’ai un contact avec un ancien de la BAT qui a une approche assez complète de l’industriel bruxellois. Nous avons lui et moi une série de documents historiques que personnellement je peux mettre à votre disposition, j’en attends d’ailleurs encore d’un jour à l’autre.
LMdO est en pleine mutation. Pour faire simple, je suis d’abord un photographe passionné par le tissu industriel au sens très large. D’abord attiré par l’exploration urbaine, j’ai délaissé la discipline très à la mode pour m’orienter vers les gens au travail. Ateliers, usines, artisans sont mes sujets de prédilection et il faudrait que je remette un peu d’ordre dans mon site … malheureusement, je suis déjà à la journée de 19 heures et il me reste trop peu de temps … je m’interdis cependant de m’enfermer dans une discipline au prétexte que je sortirais de la ligne de conduite de LMdO … Saint Hubert est un bon exemple, je suis tombé sous le charme, je photographie et je présente. En réalité, seuls ma curiosité et émerveillement personnels me guident et tant pis si la lecture de mon travail s’en trouve un peu brouillée.