La notion de patrimoine culturel immatériel est apparue au début des années 1990, après les recommandations de 1989 sur la protection des cultures traditionnelles, et en contrepoint de patrimoine mondial tourné essentiellement vers les aspects matériels de la culture.
Cette distinction appelée : « Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » a été octroyée pour la première fois en 2001 après étude approfondie, à une première liste de patrimoines sur candidatures proposées par les États. Une nouvelle liste est établie tous les deux ans par un jury international. Les chefs-d’œuvre proposés doivent être une expression culturelle vivante ou menacée. Ils doivent aussi faire l’objet de programmes de préservation et de promotion, le fait d’être inscrit sur la liste de l’UNESCO n’étant pas une garantie absolue de protection. [Wikipédia]
Comme personne ne se penchera sur le sort de notre wallon, LMDO déclare officielement ce patois comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité! Rien que ça! Et je le prouve. En effet, LMdO s’est penchée dans cette section sur le patrimoine oral de nos régions. Issu d’un petit village du Namurois à deux pas du Hainaut, je me souviens des expressions truculentes entendues étant enfant. J’ai mis à contribution les souvenirs de ma maman et de ma tante pour faire renaître ce pan de notre mémoire.
Bien sur, l’orthographe est approximative et le wallon est loin d’être une science exacte. Il arrive que des expressions soient propres à un village et que celui d’à côté ne les comprenne pas. C’est le cas ici! La ferme de Viscourt revient à plusieurs reprises. Elle apparaît donc comme encrée dans le folklore du village mais n’évoque probablement rien aux villages voisins. Gros pourvoyeur de main d’oeuvre au début du siècle précédent, cette ferme était LA référence.
Ainsi, Clermont (Walcourt) à la limite du Namurois snobe gentiment Strée (Beaumont), sa grande rivale du Hainaut voisin. Des pièces de théâtre en patois local sont même régulièrement écrites à ce sujet et encore jouées de nos jours par Albert Scohy et sa troupe.
Clermont
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Bizarement, les Clermontois se moquent des gens de Mertenne et de Barbençon dans leurs expressions. Jamais ouvertement des Strétois géographiquement plus proches. Un manque de courage ou un pragmatisme bien à propos? A vous de juger! Ces expressions flairent bon la ruralité de nos aïeux, au point que certaines d’entre elles font référence directe à un mode d’agriculture d’un autre temps. Les curés aussi en prennent pour leur grade. Les explications vous sont fournies.
Mais il reste parfois de grandes zones de mystère … Clermont est décidément un endroit bizarre. Ainsi, si vous surprenez une conversation entre deux villageoises où l’une dit à l’autre qu’elle fait son samedi alors que l’on est vendredi, ne courrez pas immédiatement chez le psychiatre vérifier l’état de votre cerveau, il y a une explication. Illogique, bien sur! Faire son samedi signifie nettoyer la maison. Je suppose qu’à une certaine époque, on en nettoyait que le samedi. Au diable les détails, le temps passe et il n’y a aucun problème à faire son samedi le vendredi ou n’importe quel autre jour de la semaine. CQFD! Plus étonnant encore, j’ai surpris une dame expliquer que « le voisin lui avait fait un beau derrière » et le tout sans rougir. La notion de derrière et devant est aussi une particularité locale. Dans ce cas ci, le voisin jardinier s’était contenté de nettoyer le jardin et de retailler ci et là quelques plantes et arbustes en tout bien, tout honneur. Le derrière signifie donc l’arrière de la maison et donc, presque logiquement le jardin. Ça se complique un peu quand on parle alors de la pièce de devant … ou de derrière. Il faut une référence, mais laquelle? Aucune importance, à Clermont, tout le monde comprend … la pièce de devant, c’est la belle pièce traditionnelle des maisons villageoises, la belle pièce du dimanche! Mais que l’on peut aussi utiliser le lundi, mardi, …
Hélène et Emerance ont rempli un carnet d’expressions du terroir. LMDO vous les fait partager. N’hésitez pas à les commenter voire à me faire part de vos trouvailles et petites perles. Un grand merci à Hélène Delangre et Emerance Niset pour leur aide. Merci à Maman devenue speakerine rien que pour vous à plus de 75 printemps! Quel talent!
- 01.
- Toudi s’bec à l’ordure
- Toujours son bec à l’ordure
- Il se se mêle de tout, surtout pour dire du mal des gens. Dénigrer.
- 02.
- I n’a né s’borgné l’heune d’in coup de lavette
- Il n’a pas éborgné la lune d’un coup de torchon
- Il n’est pas très intelligent, très futé.
- 03.
- Aïeur les aies sont loïes d’ saucisses
- Ailleurs, les haies sont liées avec des saucisses
- L’herbe est plus verte chez le voisin, on envie toujours ce que l’on a pas
- 04.
- Elle a de l’herbe jusqu’à la panse et elle broque à l’baïe
- Elle a de l’herbe jusqu’à la panse et elle beugle à la barrière (en parlant d’une vache)
- L’herbe est plus verte chez le voisin, on envie toujours ce que l’on a pas
- 05.
- I pinseu mète ès main su in champignon et s’asteu ène vèsse dè leu
- Il pensait mettre sa main sur un champignon et c’était une vesse de loup
- Il lache la proie pour l’ombre
- 06.
- C’est ça qui fait danser l’trouille
- C’est ça qui fait danser la truie
- C’est ce qui fait la différence
- 07.
- Elle rit comme ène gate qui piche à l’aïe
- Elle rit comme une chèvre qui pisse sur la haie
- Elle a un rire très sonore, hystérique.
- 08.
- Il a foutu ès cote su’l aïe
- Il a jeté sa soutane sur la haie
- Se dit d’un prêtre défroqué
- 09.
- Va zé mèchné
- Va glaner
- Va te faire cuire un oeuf
- 10.
- I da ène bonne à ses bertèles
- Il en a une bonne à ses bretelles
- Il a beaucoup de soucis
- 11.
- Ca y prin comme l’chite
- Ca lui prend comme la diarhée
- Il est capricieux
- 12.
- Ene véné né co mète el’ mouqué dins les pouilles
- Ne viens pas mettre le chat dans les poules
- Ne mets pas de l’huile sur le feu
- 13.
- I nè né cras à sussi les verrias
- Il n’est pas gras d’avoir sucé des verrous
- Il est gourmand
- 14.
- Vo s’té ène feume comm i a poin d’hommes
- Vous êtes une femme comme il n’y a pas d’homme
- Vous êtes une femme très ingénieuse
- 15.
- Quand i n’a ne mô, il a s’quaw
- Quand il n’a pas mal, il se gratte
- Il a toujours quelque chose qui ne va pas, il se plaint sans arrêt
- 16.
- I d’a une bonne à ses bertelles
- Il en a une bonne à ses bretelles
- Il est à plaindre, il a beaucoup de souçis
- 17.
- En vos occupai nè du t’chapia del gamine , poussai l’ al’cherette
- Ne vous occupez pas du chapeau de la gamine, poussez votre charette
- Mêlez-vous de vos affaires
- 18.
- I’n'a né rompu es timon
- Il n’a pas cassé son timon
- Il n’a pas pris la route la plus directe (le timon se rompt si l’on tourne trop court)
- 19.
- Vos avez fé à mindji pou l’sinse de Viscourt
- Vous avez fait à manger pour la ferme de Viscourt
- A Viscourt (ferme de Clermont Lez-Walcourt), il y avait 19 enfants. La nourriture devait donc être abondante. Dans notre cas, cette expression était utilisée quand on avait largement surévalué la quantité de nourriture nécessaire.
- 20.
- I les spalé comme in aragne
- Il est chétif comme une araignée
- Se dit d’un homme malingre
- 21.
- A ue s’qu’el gate est loïe, y faut bé qu’elle broute
- Où la chèvre est liée, il faut bien qu’elle broute
- On a pas le choix
- 22.
- C’el sè qui tin l’manche d’el paèle qu’al pu t’chaud
- C’est celui qui tient le manche de la poële qui a le plus chaud
- C’est celui qui est le plus proche des probèmes qui a le plus d’embarras
- 23.
- I n’asteu né padri l’huche quand on a fait les parts
- Il n’était pas derrière la porte quand on fait les parts
- Il n’a pas été gâté par la vie, il n’ a pas eu de chance
- 24.
- El sè qui a mindgé dès biaté n’est né rlèvé pou t’chire
- Celui qui a mangé de sa beauté ne s’est pas relevé la nuit avec une indigestion
- Cet homme -cette femme- est vraiment laid (expression inventée par mon grand-père)
- 25.
- Il est s’tarrivé comme les pourchas d’Viscourt, il est p’tit mais il a l’âdje!
- Il est comme les cochons de Viscourt, il est petit mais il a l’âge
- Malgré sa petite taille, il est adulte.
- 26.
- Il est rletché comme un via qui a deux mères
- Il est léché comme un veau qui a deux mères
- Il est élégant, bien fringué
- 27.
- On wè les tcheu et on n’sait né s’qui a pas d’zou
- On voit les toits et on ne sait pas ce qu’il y a dessous
- L’habit ne fait pas le moine
- 28.
- Aïe u s’què l’brasseu passe, l’boulindji n’passe né
- Où le brasseur passe, le boulanger ne passe pas
- Celui qui boit trop et dépense trop pour la boisson ne peut plus s’acheter du pain
- 29.
- Il vaut mieux in mouchon d’in s’main què deux su l’aïe
- Il vaut mieux un oiseau dans sa main que deux sur la haie
- Un tien vaut mieux que deux tu l’auras
- 30.
- I n’a nè inventé l’cassonade à ruques
- Il n’a pas inventé la cassonade en bloc
- Il n’a pas inventé le fil à couper le beurre
- 31.
- Quand y n’pleut nè, y goutte
- Quand il ne pleut pas, il goutte
- Il ya toujours quelque chose
- 32.
- In coup d’pied d’in n’flatte, y d’in sort dix
- Un coup de pied dans une bouse et en sort dix
- On en trouve partout
- 33.
- I n’a né twé deux mouches d’un coup de barrette
- Il n’a pas tué deux mouches d’un coup de barrette (toque canée des ecclésiastiques)
- Il n’est pas très futé, très intelligent
- 34.
- Les nouvias ramons ramontaient volti
- Les nouvelles brosses balayent volontiers
- Quand on se lance dans une nouvelle aventure, on est enthousiaste
- 35.
- Vlà co in airée dè battue
- Voilà encore une airée de battue (airée : quantité d’épis battue au fléau dans une grange)
- Voilà une bonne chose de finie
- 36.
- Y sont pu gras qu’un mwène
- Ils sont plus gras qu’un moine
- Ils sont bien dodus
- 37.
- Il a les yis pu grands qu’el vinte
- Il a les yeux plus grands que le ventre
- Il est gourmand
- 38.
- Vos mettè d’el huile su’l feu
- Vous mettez de l’huile sur le feu
- Attiser le désir, pousser à la dispute
- 39.
- I n’a né cassé trois pattes à in canard
- Il n’a pas cassé trois pattes à un canard
- Il n’est pas très courageux
- 40.
- C’est dins les vies marmites qu’on fait l’meilleur soupe
- Ce sont dans les vieilles casseroles que l’on fait la meilleure soupe
- Ce sont les personnes âgées qui ont le plus d’expérience
- 41.
- Les rwétants n’ont ré à dire
- Ceux qui regardent n’ont rien à dire
- Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas de bêtises
- 42.
- C’est toudi les p’tits qu’on spotche
- C’est toujours les petits que l’on écrase
- Les gens de classe sociale inférieure sont toujours brimés
- 43.
- En pouille qui pond s’neu tous les d’jous est s’tène bonne pouille
- Une poule qui pond son oeuf tous les jours est une bonne poule
- Celui qui produit quelque chose tous les jours est une personne bien
- 44.
- Tèchtu flamint
- Tais-toi flamand
- Tu dis des conneries : Début 1900, la wallonie est la terre promise de nos régions. Les usines tournent à plein rendement et la wallonie fait un appel massif de main d’oeuvre en provenance de la Flandre pauvre et peu instruite. Cet exode économique est superbement raconté dans le livre de Pascal Verbeken : La Terre Promise, flamands en wallonie aux éditions »Le Castor Astral ». Il y raconte notament d’où vient cette expression bien rude à l’égard d’une population fragilisée et qui était régulièrement pointée du doigt et faisait l’objet de moqueries.
- 45.
- Il est poli comme un craya pelé chi coups
- Il est poli comme un machefer pelé six fois
- Il est grossier, impoli : le machefer est un résidu de combustion qui se formait dans les poëles à charbon. D’aspect irrugulier et très rugueux, le terme poli est ici employé à double sens. Même poli six fois, le « craya » est toujours aussi rugueux … j’ai cru longtemps qu’un craya était un crayon et qu’on l’avait taillé 6 fois, mais je ne voyais pas le rapport … qu’ ène biesse!
- 46.
- Il est blanc comme un navia pelé chi coups
- Il est blanc comme un navet pelé six fois
- Il est pâle, au bord de la syncope

- 47.
- Il a crèchu dans un verre de lampe
- Il a grandi dans un verre de lampe à pétrole
- Il est filiforme
- 48.
- Il pichreu nè qu’on le mettrait sous globe
- Il ne pisserait pas qu’on le mettrait sous globe
- Il est tellement parfait qu’on le mettrait sous globe comme le petit Jésus de Prague
- 49.
- Ca colle à s’pagna comme in diale au cul d’in mwène
- Ca colle au pan de sa chemise comme un diable au derrière d’un moine
- Ca colle tellement fort qu’on ne peut pas le décoller
- 50.
- Il est trop tard dè mette s’main à s’cul quand on a tchi dins s’marone
- Il est trop tard pour porter la main aux fesses quand on a fait ses besoins dans son pantalon
- Il faut réfléchir avant d’agir
- 51.
- D’jè su din les ringuions
- Je suis dans le brouillard
- Je ne sais plus où j’en suis
- 52.
- On wè Barbinson d’in l’fond
- On voit Barbençon dans le fond (Barbençon est un des villages qui entourre Clermont)
- Se dit d’un café trop léger!
- 53.
- Il est sètche comme un coup d’trique
- Il est sec comme un coup de bâton
- Il est très maigre – Il parle très séchement
- 54.
- Bon t’chat, bon rat
- Bon chat, bon rat
- L’un vaut l’autre
- 55.
- Si on n’parle jamès què pou dire du bé des djins, on intindreut les mouches voler
- Si on ne parlait jamais des gens qu’en bien, on entendrait les mouches voler
- S’utilise pour conclure une conversation à charge de quelqu’un et pour se justifier
- 56.
- Il a des pweïls dins n’è comme des cordias de sandales
- Il a des poils au nez comme des lacets
- Il est rusé, il est filou
- 57.
- Il est malin comme in féchau
- Il est malin comme un putois
- Il est rusé
- 58.
- Elle est staussi plate qu’ene fique
- Elle est aussi plate qu’une figue
- Elle n’a pas de seins ou se dit d’un pain qui n’a pas bien levé
- 59.
- I fait des figues aveu des brins d’tchats
- Il fait des figues avec de la merde de chat
- Il fait des merveilles avec presque rien
- 60.
- I fait des vjès solés aveu des nieus
- Il fait des vieux souliers avec des neufs
- Il ne fait rien d’utile, il tue le temps
- 61.
- I va d’crèsse comme in pourcha quand y tonne
- Il va de travers comme un cochon quand il tonne
- Il titube pour n’importe quelle raison, la tache est trop lourde pour ses épaules
- 62.
- I mint comme in arracheu d’ dint
- Il ment comme un arracheur de dents
- Sur les foires, les arrcheurs de dents prétendaient aux patients qu’ils ne leur feraient pas mal, ce qui étaient absolument faux. Ils mentaient.
- 63.
- I d’joue comme à Mertenne
- Il joue comme à Mertenne (Mertenne est un des villages qui entourre Clermont)
- Se dit d’un mauvais joueur de cartes (expression de mon grand-père qui devait avoir eu des déboires à Mertenne en jouant aux cartes)
- 64.
- I sè r’scresse comme in coq su’ l’ bail
- Il se pavanne comme un coq sur la barrière
- Il fait le fanfaron, le dandy
- 65.
- I t’chante aussi faux quène tonne
- Il chante aussi faux qu’un tonneau
- Il chante faux
- 66.
- I n’a né tous ses coutchias dins l’même tirouère
- Il n’a pas tous ses couteaux dans le même tiroir
- Il n’est pas normal
- 67.
- Il est à s’panse comme in tché de baraqui à s’nocha
- Il est à son ventre ce qu’un chien de forain est à son os
- Il est gourmand
- 68.
- Tous les ciés qu’il a twè vique tè co
- Tous ceux qu’il a tué vivent encore
- Beaucoup de bruit pour rien
- 69.
- I s’tranne bè el pouille sin l’fè criïe
- Il étrangle bien la poule sans la faire crier
- Il fait son coup en douce, en traître
- 70.
- I fait voler comme ène mante sans cul
- Il fait voler comme une manne sans fond
- Il vous fait marcher, il commande
- 71.
- Panse pleine, à rwair marraine
- Ventre plein, au revoir marraine
- Sitôt mangé, sitôt parti
- 72.
- El pichreu des canaris qu’ils tchantrinent avant d’arriver à terre
- Elle pisserait des canaris qu’ils chanteraient avant d’arriver au sol
- Se dit d’une femme très grande
- 73.
- I chère dè modèle pou fait des spéculoos au Bon Grain
- Il sert de modèle pour faire des spéculoos au Bon Grain
- Se dit d’un homme laid et mince (expression de mon Grand Père Alexandre Niset)
- 74.
- D’allais à Beiche Cul (Beiche Cul : nom d’un village imaginaire)
- Va à Outsiplou (Outsiplou : En tant que « trou perdu », ce toponyme est souvent utilisé sous d’autres orthographes : Outsiplou, Hoûte-s’i-Ploût, Houte-si-Plout, Houte-Si-Plou, Houtesiplou. Plusieurs lieux-dits belges portent également ce nom orthographié différemment. L’origine de ce nom proviendrait du wallon liégeois Hoûte-s’i-ploût (« écoute s’il pleut »), du fait de la présence d’un moulin alimenté par un ruisseau si petit qu’il n’était efficace qu’en temps de pluie ; il fallait donc écouter si la pluie arrivait pour pouvoir moudre son grain. Par la suite, ce terme a désigné en wallon liégeois un moulin qui ne fonctionne que lorsqu’il pleut. Par extension, les endroits où se trouvait un tel moulin se sont vu attribuer le nom de Hoûte-s’i-ploût.
- Va au diable
- 75.
- I gnia pint t’sots mestis, i gnia qu’ des sottes djins
- Il n’ y a pas de sots métiers, il n’y que de sottes gens
- On fait ce que l’on peut dans la vie en dépit des critiques
- 76.
- On vo brulera et on sèmera vo cintes d’su les autes
- On vous brulera et on sèmera vos cendres sur les autres
- Se dit de quelqu’un de bien dont les cendres serviront à bonifier les autres (ils sont vraiment barges dans ce village!)
- 77.
- In baudet qui fait à s’mote, c’est l’mitan des s’nourriture
- Un âne qui fait ce qu’il veut, c’est la moitié de sa nourriture
- Avancer selon son intuition, c’est la moitié de la réussite
- 78.
- Quin on s’cint rogneux, on se gratte
- Quand on sent en tort, on se gratte
- Chat échaudé craint l’eau froide
- 79.
- Vos loques causeront co quand vos s’rè mour!
- Tes vêtements parleront encore quand tu seras mort
- Tu parles tout le temps
- 80.
- Vo remué comme in vier qu’à yeu in coup de loucet
- Tu remues comme un ver qui a reçu un coup de bêche
- Tu remues tout le temps, tu ne tiens pas en place
- 81.
- Vos stè habillé à caisse à l’horloche
- Tu es habillé à caisse à l’horloge
- Tu es habillé n’importe comment
- 82.
- Quin les pourchas sont gras, les navias sont chures
- Quand les porcs sont gras, les navets sont sures
- Quand on est rassasié, plus rien ne semble bon
- 83.
- I vaut mieux layi s’tchèvau morveux què di arratchi l’né
- Il vaut mieux laissé son cheval morveux que de lui arracher le nez
- Le mieux est l’ennemi du bien
- 84.
- On n’engraisse nè les pourchas al iau clère
- On n’engraisse pas les cochons à l’eau claire
- On ne peut rien sans rien
- 85.
- In t’chat ni retrovereu nè ses d’jônes
- Un chat n’y retrouverait pas ses petits
- Quel désordre!
- 86.
- I vaut mieux l’twè què d’el nourri
- Il vaut mieux le tuer que de le nourrir
- Il mange beaucoup
- 87.
- Taper à gailles
- Taper dans les noix
- Puiser au hasard
- 88
- On n’est d’jamè nouèrci qu’pau in nouère pot
- On n’est jamais noirci que par un noir pot
- Ceux qui critiques feraient bien de balayer devant leur porte
Si vous êtes amateur du genre, je ne saurais trop vous conseiller la lecture de « Comment parler le belge et le comprendre » de Philippe Genion aux éditions « Points ».

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