L’émail est un matériau étonnant aux qualités multiples. L’Emaillerie Belge à Bruxelles continue d’écrire les belles pages de cette aventure bientôt centenaire. Benoît d’Ydewalle est un entrepreneur passionné et heureux! La qualité des fabrications de l’Emaillerie Belge n’a d’égal que l’accueil qui vous sera réservé. Ici, maîtrise, tradition et modernisme ne sont pas des vains mots!
LMdO : Quelle est la genèse de l’Emaillerie Belge
BdY : Il s’agit d’une entreprise quasi séculaire puisqu’elle voit le jour dans les années 20. L’activité est continue depuis l’origine, nous n’avons jamais arrêté l’outil même pendant la seconde guerre mondiale. Nous sommes toujours à la même adresse, le nom n’a jamais changé non plus. Ce n’est pas une entreprise transgénérationnelle, elle est passée dans les mains de passionnés qui ont eu un coup de coeur pour l’outil. D’illustres familles se sont succédées ici. Parmi ses actionnaires, on trouve même l’aviateur Edmond Thieffry qui s’est illustré pendant la première guerre mondiale. Je l’ai reprise en 1992 sur un coup de coeur, pas sur un coup de tête.
LMdO : Etiez-vous prédestiné à la reprise d’une manufacture presque centenaire?
BdY : Je suis juriste de formation. Après le barreau, j’ai rejoint le groupe financier KBC. J’ai aussi accompagné le créateur du “Pain Quotidien” dans les aventures internationales. A un tournant de ma vie, j’ai voulu renouer avec des choses plus simples et plus concrètes : l’émail, un matériau noble aux nombreuses qualités et qui ne demandait que de trouver une seconde jeunesse. Cette seconde jeunesse, nous l’avons imaginée dans une communication émaillée : la signalétique, la publicité et dans l’art, y compris dans la reproduction de bandes dessinées. Le support acier émaillé offre des avantages incroyables: résistance durable aux graffitis, résistance aux ultra-violets qui garantit le maintien des couleurs qui ne pâlissent pas, résistance au feu et aux chocs de température de -60 à 400°C. En architecture, l’acier émaillé ne se dilate pratiquement pas. Une fois encapsulé dans le verre de l’émail, une plaque d’acier ne se dilate pas plus qu’un carreau de fenêtre. Les architectes y trouvent donc leur compte.
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LMdO : Qu’est-ce qui vous distingue de la concurrence?
BdY : Si nous sommes leader dans le Benelux, il y a bien sur des émailleries à l’étranger avec lesquelles nous sommes en concurrence. L’Emaillerie Belge traditionnellement, met tous ses efforts dans le rendu des couleurs des plaques qui y sont fabriquées. Là où vous ne trouverez qu’une palette de couleurs plus limitée chez nos concurrents, nous sommes en mesure de proposer une gamme particulièrement riche de nuances. Notre technique de production est la sérigraphie. Chaque couleur est tirée individuellement et juxtaposée manuellement. Chaque plaque passera donc au minimum 3 fois dans le four (quelques fois 6 passages) à +> 800°. Il faut bien comprendre que ce produit est de la pâte d’émail et qu’il ne s’agit en aucun cas de peinture ou de produit issu de la pétrochimie. Un moyen simple de repérer une plaque sérigraphiée est d’observer sa courbure. Si elle est bombée, on ne peut y appliquer une sérigraphie, c’est donc une décalcomanie. Le décor est donc encapsulé dans de l’émail. Sur une plaque sérigraphiée on ressent un léger relief au passage de la main, alors qu’une décalcomanie est parfaitement plane. La résistance mécanique du décor est nettement supérieure pour les plaques sérigraphiées.
Un hollandais a fait une découverte incroyable dans son jardin : 16 plaques émaillées publicitaires fabriquées par l’Emaillerie Belge avaient été utilsées par l’ancien propriétaire pour consolider des allées de jardin. Elles ont été déterrées après une vingtaine d’années dans un état impeccable. Ce monsieur a découvert un vrai trésor! Son histoire vaut mieux qu’un long discours sur la qualité de nos fabrications.
LMdO : Vous êtes un entrepreneur heureux?
BdY : Je suis un entrepreneur heureux oui. Surtout pour l’aspect humain de mon activité. Mon personnel est multiculturel, polyvalent et impliqué. Je veille particulièrement à le faire évoluer dans une atmosphère très positive. C’est au fond très normal puisque le coût du personnel représente plus de la moitié de mon chiffre d’affaire. Je dois donc attacher plus d’importance à mon personnel qu’à mon équipement. Avoir un four qui fonctionne et un personnel démotivé, cela ne sert à rien. Ils ont de l’or dans les doigts, c’est çà le capital humain.

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